GENÈVE


GENÈVE
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GENÈVE

Dans un espace géographique exigu, l’économie de la ville-État de Genève porte la marque de son histoire. La Réforme du XVIe siècle, en la coupant de son arrière-pays, l’a contrainte à la recherche d’activités incorporant à une matière première peu volumineuse et chère une valeur ajoutée de main-d’œuvre à haute technicité. Elle l’a orientée vers le commerce de l’argent, dans un réseau de relations bancaires internationales. Éloignée des bassins houillers, privée de ressources minérales et de voies d’eau, Genève (167 700 hab., selon les estimations de 1993) était assez mal raccordée aux grands réseaux routiers et ferroviaires du continent européen. C’est à la seconde révolution technologique de la houille blanche, exploitée par des capitalistes et des scientifiques locaux, qu’elle doit la plupart de ses industries actuelles.

Le canton (383 900 hab., selon les estimations de 1991) garde une agriculture soignée (céréales, colza, produits laitiers, vin), mais qui n’occupe plus que 1 p. 100 des actifs, le taux le plus faible de toute la Suisse. L’économie subit une «tertiarisation» croissante (70 p. 100 en 1990, contre 53,1 p. 100 des actifs en 1930), au détriment du secteur secondaire. L’industrie comporte une gamme très variée de fabrications, avec des unités de format moyen, exportant une très grosse fraction de leur production, voire la totalité. L’horlogerie est spécialisée dans les articles de haute qualité, tout comme la joaillerie. Deux branches dominent le secteur secondaire: la construction des machines, appareils et véhicules, et le travail des métaux. L’appareillage électrique, les machines de haute précision valent à Genève une réputation mondiale. L’industrie chimique occupe le deuxième rang en Suisse, après celle de Bâle (bases de parfums, pharmacie). Il s’y ajoute une importante activité industrielle dans le domaine de l’alimentation.

Dans le secteur tertiaire, l’hôtellerie a modernisé ses équipements. La banque privée s’est orientée vers la gestion de fortunes. La forte augmentation enregistrée dans cette branche, depuis 1955, est due aux succursales des établissements de crédit nationaux et étrangers. Une grande partie du dynamisme commercial est directement animée, ou induite, par la fonction internationale. Ce secteur, complexe, comprend, tout d’abord, les organes intergouvernementaux (Nations unies, organisations du travail, de la santé, de la météorologie, de la recherche nucléaire comme le Cern, des migrations, de l’éducation, G.A.T.T., A.E.L.E., Ligue des sociétés de la Croix-Rouge). Viennent ensuite les délégations des États auprès de ces institutions, et plus de cent organisations gouvernementales. Il s’y ajoute les participants aux sessions et conférences. Les «internationaux» ne constituent qu’une faible proportion de la population résidente du canton, mais leur apport est considérable, par les salaires, les dépenses de fonctionnement, les commandes industrielles, qui compensent l’exonération fiscale dont ils bénéficient. Le commerce de gros et de détail est extrêmement actif, surtout dans les magasins de luxe.

Les problèmes de l’économie genevoise sont multiples. Ils tiennent à la localisation des industries, trop proches du centre urbain, et aux difficultés de transports. Le grand aéroport intercontinental de Cointrin est le deuxième de Suisse pour le trafic (5 700 000 passagers et 57 100 tonnes en 1992). Depuis 1984, Genève est reliée à Paris par le T.G.V. (train à grande vitesse). La cité a participé à la construction du tunnel routier sous le Mont-Blanc. Elle espère tirer avantage de son insertion dans le réseau des autoroutes suisses, par Lausanne, et franco-italiennes, par le Mont-Blanc. Les forces de production dépendent, dans une large mesure, de l’extérieur. Les étrangers représentent un tiers de la population du canton. Pour compenser les restrictions à l’immigration de travailleurs, Genève a puisé dans le réservoir des frontaliers de la Haute-Savoie et du pays de Gex, non soumis au contingentement. Les zones franches savoyarde et gessienne servent de zone résidentielle secondaire à la cité et la ravitaillent en lait, viande et légumes. La balance des échanges a toujours été bénéficiaire pour la France.

Genève
v. de Suisse, sur le Rhône et sur le lac Léman; 164 400 hab. (aggl. urb. 384 510 hab.); ch.-l. du cant. du m. nom. Grand centre comm. et financier (Bourse, banques). Industr. de précision et de luxe (horlogerie, orfèvrerie). Tourisme.
Université. Cath. (auj. temple) St-Pierre (XIIe s.). Musée d'Art et d'Histoire; musée Barbier-Muller (arts d'Afrique, d'Océanie et d'Amérique). Jardin anglais.
Genève abrite de nombr. institutions de l'ONU, après avoir été le siège de la S.D.N. La Croix-Rouge y a ses instances sup., qui établirent les diverses conventions de Genève (1864, 1906, 1929 et 1949), relatives aux blessés et aux prisonniers de guerre.
La conférence de Genève (1954) aboutit aux accords d'armistice en Indochine et à la division du Viêt-nam en deux zones séparées par le 17e parallèle. Hist. - Construite sur l'emplacement d'une cité lacustre remontant au début du néolithique, la future Genève (qui devint la Genava des Romains) devint une cité des Allobroges que César occupa en 58 av. J.-C. Romaine pendant cinq siècles, elle fut conquise par les Burgondes en 443, puis par les Francs en 534, et rattachée au Saint Empire en 1032, avec le second royaume de Bourgogne. Progressivement libérés de l'autorité de leur évêque, les Genevois durent bientôt se défendre contre les ducs de Savoie. Commerçants et banquiers prospères malgré la concurrence des foires de Lyon, ils résistèrent avec succès grâce aux alliances conclues avec Fribourg (1519) et Berne (1526). La petite République adopta la Réforme (1536) et accueillit Calvin, qui la soumit à un régime théocratique et lui imposa une stricte discipline morale. Après une dernière tentative des ducs de Savoie pour mettre la main sur Genève (l'Escalade, 11-12 décembre 1602), la paix fut signée en 1603 et la ville devint un refuge pour les réformés persécutés, ainsi qu'une grande place bancaire et la capitale mondiale de l'horlogerie et de la joaillerie. Son gouvernement aristocratique étroitement uni à celui de Berne dut faire face à plusieurs révoltes des bourgeois durant le XVIII e s. En 1792 se produisit un mouvement insurrectionnel inspiré par la Révolution française. Genève fut le chef-lieu du département français du Léman de 1798 à 1814, puis rallia la Confédération helvétique comme canton de plein droit après avoir acheté plusieurs communes à la France et à la maison de Savoie. En 1847, Genève se dota d'une Constitution libérale. Dans le courant du XX e s., sa vocation de ville internationale n'a cessé de s'affirmer.
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Genève
(canton de) canton suisse; 282 km²; 373 000 hab.; ch.-l. Genève.
à l'endroit où le Rhône sort du lac Léman et reçoit l'Arve sur sa rive gauche, le cant. de Genève enfonce un saillant très prononcé dans le territoire français et ne communique avec le reste de la Suisse que par un corridor. Malgré une urbanisation importante, une activité agricole subsiste. L'exiguïté du canton a posé des problèmes internationaux résolus en partie par le traité de Vienne de 1815. Le ravitaillement en denrées fraîches s'effectua grâce aux zones franches, correspondant aux actuelles banlieues françaises de Genève. Au XXe s., la France a aussi consenti à échanger quelques terrains afin de permettre l'extension des pistes de l'aéroport international de Cointrin.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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